Quai Branly nomade

Publié le 5 juin 2026. Mis à jour le 05 juin 2026.

Une invitation au voyage… sans quitter la région. En septembre 2025, Moissy s’est engagée aux côtés du musée du quai Branly– Jacques Chirac dans un partenariat culturel inédit, baptisé “Quai Branly nomade” pour ouvrir les regards et donner envie de découvrir.

Ce partenariat déployé jusqu’à fin 2027, s’inscrit dans la volonté de rendre la culture accessible à tous. À travers ce dispositif, œuvres et récits circulent bien au-delà des murs du musée. Dans les écoles, les structures municipales, les équipements culturels et sociaux, habitants, enfants, jeunes ou seniors sont invités à découvrir autrement les cultures du monde à travers des formats variés, pensés pour tous les publics. La culture ne se limite plus à un lieu, elle se vit, se partage et se construit au plus près de chacun…

→ Lire la suite sur le partenariat avec le musée du quai Branly – Jacques Chirac

Gagnez votre visite au musée !

Tout au long du partenariat, des invitations pour visiter le musée du quai Branly – Jacques Chirac sont à gagner. Expositions, collections permanentes… l’occasion de découvrir gratuitement ce lieu emblématique et ses richesses. Pour participer, rendez-vous avant chaque vacances scolaires sur le compte Facebook de la Ville. Un quiz sera proposé en ligne. À la clé : six places à gagner, réparties entre trois gagnants. Une façon ludique de tenter sa chance… et peut-être de programmer une prochaine escapade culturelle.

La galerie des œuvres

Derrière chaque œuvre se cache une histoire. Dans le cadre du partenariat, la Ville met à l’honneur des œuvres issues des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac. Les pièces présentées dans cette rubrique invitent à explorer les arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, à la découverte des cultures et des savoir-faire.


Cap sur l’Afrique

>>> Statuette magique kongo

D’où vient cet objet ? Cette statuette magique vient d’Afrique centrale, au Congo, dans la vallée du fleuve Congo, chez le peuple Kongo*.

Que représente-t-il ? Prenant des formes variées, humaines ou animales, cet objet se nomme un nkisi. Celui-ci représente un singe qui mange un fruit.

Quels matériaux sont utilisés ? Ce nkisi est fait de bois. Il se compose aussi d’autres matériaux naturels comme du verre, des plumes, des feuilles… Chaque élément qui constitue la statuette a un sens et un rôle très précis, souvent en lien avec la nature.

À votre avis, à quoi sert un nkisi ? Un nkisi permet de régler un problème en communiquant avec les esprits. La seule personne qui a le droit de le manipuler est le nganga, le sorcier kongo. Celui-ci confectionne, selon le problème à résoudre, un petit paquet d’ingrédients naturels (coquillages, graines, pattes d’oiseaux…) appelé un bilongo. Lors d’une cérémonie, il l’enferme à l’intérieur du nkisi, souvent dans un creux au niveau du dos, du ventre ou de la tête, ce qui donne à la statuette sa ch

*On écrit Congo pour la localisation et Kongo pour le nom du peuple.

Fiche technique
Culture : Kongo

Localisation : Afrique centrale, Congo, Loango

Datation : 19e siècle (avant 1892)

Matériaux : Bois, verre, plumes, pigment (colorant) dont ocre et kaolin (argile blanche), fibres végétales
Dimensions : 45,5 × 13 × 17,5 cm

Poids : 437 g

N° d’inventaire : 71.1892.52.5

>>> Statue de reine Bamiléké

D’où vient cet objet ? Cette statue vient d’une chefferie Bamiléké, la chefferie Bansoa, au Cameroun, en Afrique centrale. Les chefferies sont des territoires dirigés par un grand chef, le fo, assisté par un conseil de personnalités importantes appelées les notables.

Quels sont les éléments qui montrent que cet objet est précieux ? Cette statue en bois est recouverte d’un tissu brodé de perles de verre et de cauris*. Véritable symbole de richesse, les perles sont réservées aux objets du fo et de son entourage. On remarque également que la figure féminine tient une coupe ronde. Il s’agit d’une calebasse, un fruit séché qui reçoit les objets de pouvoir royal. Sous le tabouret se trouve une panthère qui a la gueule ouverte et les oreilles dressées. Elle rappelle que la puissance du fo domine les êtres méchants et dangereux.

Selon vous, qui est représenté ? Il s’agit de la mafo, la mère du roi. Les statues du fo et de la mafo symbolisent le pouvoir. Elles font partie du trésor du palais et n’en sortent que pour de grandes cérémonies, notamment lorsque le fo devient roi et lorsqu’il meurt.

*Symbole de pouvoir, les cauris sont de petits coquillages qui, pendant des siècles, ont servi de monnaie.

Fiche technique
Culture : Bamiléké

Localisation : Afrique centrale, Cameroun, Bansoa (chefferie – territoire géré par un chef)

Datation : 19e siècle

Matériaux : Bois, perles de verre, tissu, cauris
Dimensions : 115 x 46 x 45 cm

Poids : 21,22 kg

N° d’inventaire : 73.1992.0.14

>>> Statuette de gardien de reliquaire kota

D’où vient cet objet ? Cette statuette a été réalisée par les Kota au Gabon, en Afrique centrale. Les Kota sont connus pour être de très bons chasseurs, mais sont aussi d’excellents artisans, particulièrement, lorsqu’ils travaillent les métaux.

À votre avis, que représente cette statue ? Cette sculpture aux formes géométriques représente de manière très stylisé un visage ovale et un corps en forme de losange. La statuette est sculptée dans du bois et recouverte de plaques et de lamelles métalliques. On peut observer différentes couleurs : le cuivre, qui est rosé, le laiton qui est doré et le fer qui est gris.

Mais que garde-t-elle selon vous ? Cette statuette est un gardien : elle protège un panier‑reliquaire (aujourd’hui disparu) qui contenait les cranes et ossements d’ancêtres importants : les reliques*. Les ancêtres jouent un rôle essentiel chez les Kota : ils veillent sur la famille, aident à prendre des décisions difficiles, à trouver les causes d’une maladie et à protéger le village. Ces statuettes sont conservées par le chef du clan. Elles sont interrogées quotidiennement et sorties pour les grandes occasions, par exemple pour la mort d’une personne célèbre du clan.

*Ossements du corps de défunts importants, chefs, guerriers ou chasseurs extraordinaires.

Fiche technique
Culture : Kota

Localisation : Afrique centrale, Gabon, Haut-Ogooué

Datation : 19e siècle

Matériaux : Bois, cuivre, laiton
Dimensions : 72,5 x 30,5 x 10 cm

Poids : 4,2 kg

N° d’inventaire : 71.1941.13.1
>>> Jarre de Kabylie

D’où vient cet objet ? Cette jarre à eau provient de la tribu des Aït Aïssi, en Kabylie, en Algérie, en Afrique du Nord. Les Kabyles sont les héritiers d’un grand peuple berbère. Ils ont un artisanat très riche et produisent des tissages, des bijoux et surtout de la poterie.

Selon vous, à quoi sert cette jarre ? En Kabylie, autrefois les femmes assuraient la collecte de l’eau depuis la fontaine jusqu’à leur maison. Elles utilisaient pour cela de grandes jarres, sorte d’amphores (vases à deux anses). Dès la deuxième moitié du 19e siècle, les potières ont produit de la vaisselle pour décorer les cheminées ou les buffets. De ce fait, les jarres ont été montées sur un pied, permettant de les poser plus facilement.

Les Kabyles décorent souvent les objets qu’ils produisent avec une grande variété de motifs géométriques : triangles, losanges, carrés. Certaines comportent des mains, des symboles protecteurs ou encore des arbres, des têtes d’animaux.

À votre avis, qui fabriquait ce type d’objet au sein du peuple Kabyle ? En Kabylie, la poterie était une tâche domestique, comme la cuisine ou le tissage. Seules les femmes avaient le savoir-faire nécessaire pour créer ces poteries.


Fiche technique
Culture : Aït Aïssi

Localisation : Afrique du Nord, Algérie, Grande Kabylie

Datation : 20e siècle

Matériaux : Terre cuite, pigments (colorants) naturels
Dimensions : 85 x 31,5 x 26,5 cm

Poids : 8,2 kg

N° d’inventaire : 74.1986.3.1

>>> Statue malienne

D’où vient cet objet ? Cette statue en bois est originaire des falaises de Bandiagara, au Mali, en Afrique. De nombreux peuples y ont vécu, créant un mélange de cultures exceptionnel : Tellem, Soninké, puis Bamana et Mossi. On appelle l’ensemble de ces habitants les pré-Dogon et les Dogon. Cette statue soninké est pré-Dogon.

À votre avis, quels éléments indiquent qu’il s’agit d’un objet pré-Dogon ? Les symboles dessinés sur la peau, les scarifications* et la forme de la tête évoquent le style des Djenné. Le pendentif représente le serpent Bida, qui est un génie protecteur majeur chez les Soninké. La position de la statue, avec son bras levé, est assez commune chez les Tellem (« ceux d’avant »). Pas de doute, il s’agit bien ici d’un objet pré-Dogon.

Mais alors, qui est le personnage représenté ? Sur cette sculpture, la barbe et les seins évoquent un être féminin et masculin. Ce sont ces symboles, associés au pendentif du serpent Bida, qui nous permettent de dire qu’il s’agit d’un « roi-femme » qui veille sur son peuple.

*Incision de la peau pratiquée afin de laisser une cicatrice.


Fiche technique
Culture : Soninké (style Djennenké)

Localisation : Afrique occidentale, Mali, Mopti, Falaises de Bandiagara

Datation : 10e – 11e siècles

Matériaux : Bois
Dimensions : 210 x 37 x 22 cm

Poids : 85 kg

N° d’inventaire : 70.2004.12.1
>>> Masque Dogon

D’où vient cet objet ? Ce masque provient des falaises de Bandiagara au sud-est du Mali, en Afrique. Les Dogon, qui sont l’ensemble de populations qui y vivaient et y habitent encore aujourd’hui, ont créé cet objet.

Selon vous, que représente-il ? Avec ses grands yeux rectangulaires, ses petites oreilles et sa bouche avancée, ce masque en bois symbolise une espèce locale de singe noir appellée dege, ce qui signifie « le vilain mâle de brousse ».

À votre avis comment est utilisé ce masque ? Un indice : il n’est pas porté seul.

Le masque est porté par un danseur à l’occasion de grandes cérémonies. Le masque n’est qu’un des éléments de la tenue du danseur. Ce dernier porte habituellement une tunique à manches longues et un pantalon indigo*. Il accroche ensuite une longue jupe de fibres noires autour de son cou et de sa taille.

Lors de grands évènements, les Dogon pratiquent des danses masquées pour que les âmes des morts quittent le monde des vivants. Si elles y restaient, cela serait dangereux pour les villageois.

Lors d’une de ces cérémonies, appelée le dama, réunissant tout le village tous les 3 à 5 ans, ce masque, le dege cherche à entrer dans la zone de danse mais se fait gronder et chasser par les aînés masqués. C’est un moment très drôle qui provoque la joie des participants.

*Colorant naturel bleu extrait de plantes.

Fiche technique
Culture : Dogon

Localisation : Afrique, Mali, Falaises de Bandiagara

Datation : 14e siècle (découvert avant 1935)

Matériaux : Bois, pigment noir, crochet métallique
Dimensions : 40 x 22 x 22 cm

Poids : 1,56 kg

N° d’inventaire : 71.1935.105.34

Escale en Asie

>>> Figure d’ombres chinoise

D’où vient cet objet ? Cette figure d’ombres représente une jeune fille de l’ancienne aristocratie et vient du Shaanxi, une province du centre de la Chine.

Selon vous, quel est cet objet ? Cet objet est une marionnette de théâtre d’ombres qui représente une jeune fille. Elle porte des vêtements précieux et finement décorés qui montrent son origine aristocratique*.

Sa silhouette est composée de plusieurs pièces en cuir reliées par des attaches. Certaines pièces sont accrochées à une baguette, ce qui permet de les faire bouger de manière indépendante.

Les pièces de cuir sont peintes et ajourées, c’est-à-dire qu’elles sont percées pour laisser passer la lumière et sont translucides afin de laisser apparaître des couleurs.

Quelle est l’histoire de cette marionnette ? Cette jeune fille est un personnage du roman « Les Trois Royaumes », l’une des histoires les plus populaires en Chine, écrit au 14e siècle. Il faut environ un mois et demi pour raconter cette histoire en entier ! Les figures du théâtre d’ombres chinois sont généralement des personnages inspirés de romans ou de textes importants.

*Groupe de personnes qui détient le pouvoir dans cette forme de gouvernement : les nobles, personnes de la haute société, l’élite.

Fiche technique
Culture : Han

Localisation : Asie orientale, Chine, Province du Shaanxi

Datation : 18e siècle

Matériaux : Cuir découpé et peint
Dimensions : 31 x 17,2 x 1 cm

Poids : 80g

N° d’inventaire : 71.1987.17.14.1-2

>>> Masque d’exorcisme du Sri Lanka

D’où vient cet objet ? Ce masque vient de l’île du Sri Lanka, en Asie du Sud-Est. Il a été créé par les Singhalais qui représentent environ 70 % de la population sri lankaise et sont majoritairement de confession bouddhique*.

Selon vous, que représente ce masque, qu’a-t-il de particulier ? Il s’agit d’un visage effrayant et drôle à la fois. Il possède une grande bouche qui sourit en tirant la langue et des yeux noirs exorbités. Des cobras, serpents mortels, sortent de son nez et remontent sur sa coiffe. Vous fait-il plutôt peur ou rire ?

Selon vous, comment pouvait-il être utilisé ? Ce masque servait au cours d’une cérémonie d’exorcisme appelée le tovil. Traditionnellement, dans la culture singhalaise, les sanni – les démons –, sont responsables des maladies. Ce masque représente des serpents qui entrent dans le corps de leur victime et causent des maladies et des cauchemars. L’intervention d’un exorciste est donc nécessaire : il aide à chasser les démons du corps du malade… en se moquant d’eux et en faisant rire.

Ce masque se porte avec un costume. Les danseurs portent des jupes, de bracelets aux bras et aux chevilles et sont accompagnés de musique – tambours et clochettes.

*Religion et philosophie se réclamant de l’enseignement du Bouddha (le fondateur), née en Inde entre le 6e et le 5e siècle avant notre ère.

Fiche technique
Culture : Singhalaise

Localisation : Asie du Sud-Est, Sri Lanka

Datation : Début du 20e siècle

Matériaux : Bois sculpté et peint
Dimensions : 38 cm

N° d’inventaire : 71.1939.126.2

>>> Tambour cérémoniel dông son

D’où vient cet objet ? Cet objet a été découvert sur l’île de Java, en Indonésie, en Asie du Sud-Est. Il est issu d’une civilisation de l’âge de bronze, dite dôngsonienne, présente dans l’actuel Vietnam entre le 8e siècle avant notre ère et le 2e siècle de notre ère.

Quel est cet instrument de musique ? Cet instrument de percussion en bronze est couramment appelé un tambour, mais le terme exact est un gong. On utilisait un maillet pour frapper sa surface en métal. Il est, en effet, fabriqué en bronze, ce qui le rend plus sonore et solide qu’un tambour classique dont la surface est en peau d’animal tendue. Il se jouait suspendu à l’aide de l’anneau situé sur le côté.

Quels éléments visuels pourraient nous aider à retracer son histoire ? Cet objet est assez ancien, il est abîmé et fissuré. Sur le dessus, le tympan, une étoile en relief est disposée au centre d’une série de cercles. Il y a également quatre grenouilles, peut-être en référence aux quatre points cardinaux*. Leurs coassements annonçant la pluie, on peut imaginer que ce gong était utilisé pour appeler la pluie.

*En géographie et en astronomie, un point cardinal est un point de l’horizon servant à se diriger, à s’orienter. Sur une boussole ou sur un plan, on trouve généralement quatre points cardinaux : nord, sud, est et ouest.

Fiche technique
Culture : Civilisation de Dông Son

Localisation : Asie du Sud-Est, Indonésie, aire des Grandes Îles de la Sonde, Java

Datation : 4e siècle avant notre ère – 2e siècle de notre ère

Matériaux : Bronze
Dimensions : 113 cm de hauteur et 148 cm de diamètre

Poids : 382 kg

N° d’inventaire : 70.2001.27.579

>>> Jupe hmong

D’où vient cet objet ? Cette jupe dite aux « mille plis » est une création de la culture hmong, notamment représentée en Chine. Les vêtements et les parures sont considérées comme des richesses et des objets culturels importants dans la société traditionnelle hmong. Cette jupe fait partie de la tenue traditionnelle des jeunes filles. Elle est encore portée aujourd’hui pour les grandes occasions.

Selon vous, l’objet comporte-il réellement mille plis ? Le nom de « mille plis » ne se réfère pas au nombre réel de plis, même si certaines jupes peuvent en avoir près de 500, mais exprime la finesse du plissé. Les plis donnent toute la valeur à la jupe et doivent être très fins.

À votre avis, comment est confectionné ce type de jupe ? La création de cette jupe résulte d’un grand savoir-faire, de créativité et de patience : il faut d’abord teindre le tissu à l’indigo* et broder les motifs avant de former les plis. Plus les plis sont nombreux et précis, plus l’objet est précieux et plus la jeune fille est appréciée.

*Colorant naturel bleu extrait de la plante appelée indigotier ou fabriqué par synthèse industrielle.

Fiche technique
Culture : Hmong

Localisation : Asie orientale, Chine, Province du Guizhou

Datation : 20e siècle

Matériaux : Coton indigo mordoré (cuivré), broderies
Dimensions : 140 cm de diamètre

N° d’inventaire : 71.1998.16.5

>>> Costume de chamane de Sibérie

D’où vient cet objet ? Ce costume a été fabriqué par les Evenk de Sibérie, dans la région des Monts Stanovoï, en Russie. Il s’agit d’une région couverte de forêts, de rivières et de lacs, aux hivers très froids. Les Evenk sont un peuple traditionnellement nomade, vivant de chasse, de pêche et de l’élevage de rennes.

Selon vous, pourquoi le chamane porte ce costume ? Le chamane (un sorcier) est une personne importante chez les Evenk. Lorsqu’il porte ce costume, il a le pouvoir de se transformer en animal pour voyager entre le monde des esprits et celui des hommes. Le chamane essaye alors d’attirer la protection des esprits positifs pour le bien de la communauté.

Quels sont les éléments qui composent ce costume ? Il est fait en peau de renne et les pointes en métal sur la coiffe symbolisent les bois de cet animal. Les franges sous les manches évoquent les ailes d’un oiseau. Dans le dos, une cuirasse de pendentifs en fer bruyante et protège des mauvais esprits. Le tambour en peau de renne, fait lui aussi partie du costume.



Fiche technique
Culture : Evenk

Localisation : Asie septentrionale, Fédération de Russie, Sibérie Orientale, Monts Stanovoï

Datation : 19e siècle

Matériaux : Peau de renne, feutre, toile de coton, cuir, poils de renne, pendentifs métalliques (fer, plomb, cuivre rouge et cuivre jaune), bois, os ou ivoire de mammouth
Dimensions : 380 x 280 cm

N° d’inventaire : 71.1887.42.1.3

>>> Hotte du Vietnam

D’où vient cet objet ? Cette hotte a été créée par le peuple Sedang, une population minoritaire installée entre le Vietnam, le Laos et le Cambodge.

Selon vous, à quoi sert cette hotte ? Ce type de hotte est principalement utilisée pour le transport du « paddy », le riz non décortiqué. Celle-ci ne possède pas d’anses ou de bretelles pour être portée : elle devait donc plutôt servir de contenant pour le stockage. La hotte est un objet quotidien des Sedang, par exemple, les fillettes de six ans en reçoivent une petite lors de l’apprentissage de la cueillette.

À votre avis, comment a été fabriquée cette hotte ? Cette hotte est en vannerie de bambou. Le bambou est un matériau à la fois courant, à croissance rapide et très plastique. Pour produire ce décor bicolore, certaines tiges de bambous sont teintées au noir de fumée. On tresse ensuite la hotte en alternant brins clairs et brins foncés pour obtenir des motifs. Même si les hottes sont traditionnellement utilisées par les femmes pour transporter le riz, ce sont les hommes qui réalisent ces objets en vannerie.


Fiche technique
Culture : Sedang

Localisation : Asie du Sud-Est, Vietnam, Kon Tum

Datation : Début du 20e siècle

Matériaux : Vannerie de bambou, bois, décor au noir de fumée
Dimensions : 30 x 67,6 x 30 cm

Poids : 858 g

N° d’inventaire : 71.1936.4.173.1-2

Voyage en Océanie

>>> Pendentif māori

D’où vient cet objet ? Cet objet est un pendentif māori. Il vient de Nouvelle-Zélande (ou Aotearoa en māori), en Océanie. Les Māori y vivent depuis le 13e siècle. Aujourd’hui, ils représentent seulement 17 % de la population, mais possèdent une identité culturelle très forte.

Selon vous, que représente cet objet ? Ce pendentif (hei) représente un personnage dans une position que vous reconnaissez peut-être : la tête penchée sur le côté, la bouche grande ouverte, les bras et les jambes écartés et les mains sur les hanches. Il s’agit de l’un des mouvements de la danse māori : le haka. Le personnage représenté (tiki) fait référence à une figure mythologique et ancestrale.

À votre avis, quelle était l’utilité de ce pendentif ? Cet objet est fait de pounamu, une pierre verte, variété de néphrite*. L’attache est en os d’oiseau, probablement marin. Ce pendentif réunit grâce à ses matériaux des éléments importants pour les Māori : la terre, les rivières, la mer et le ciel. Il possède une puissance protectrice, le mana, et est porté par les personnes de haut rang. Son pouvoir et sa valeur augmentent en étant transmis de génération en génération.


*C’est une roche. Avec la jadéite et le kosmochlor, ce sont les trois roches qu’on appelle le jade, une pierre fine très dure, dont la couleur varie du blanc olivâtre au vert sombre.

Fiche technique
Culture : Māori

Localisation : Polynésie, Aotearoa – Nouvelle-Zélande

Datation : Début du 19e siècle

Matériaux : Pounamu (néphrite*), os, fibres végétales, cire à cacheter
Dimensions : 15,5 x 9,8 x 1,3 cm

Poids : 171 g

N° d’inventaire : 72.84.225
>>> Peinture aborigène

D’où vient cet objet ? Cette peinture a été créée par un artiste aborigène* en Terre d’Arnhem, au nord de l’Australie, en Océanie. Les populations aborigènes vivent en Australie depuis plus de 60 000 ans mais certaines ont été privées de leurs terres lorsque les Britanniques ont pris le contrôle du pays, au 18e siècle.

Pour comprendre cet objet : Les populations aborigènes ont un lien très fort avec les terres dont ils ont la garde, la nature et les animaux. Les peintures aborigènes sont semblables à des cartes, on peut y voir des signes représentant différents éléments : source d’eau, colline, empreinte de pas… Elles racontent comment les territoires et les paysages d’Australie ont été façonnés.

Selon vous, que représente cet objet ? Cette peinture sur écorce représente le serpent arc-en-ciel Ngalyod. Il est un des êtres mythiques à l’origine du monde et de toutes les espèces qui l’habitent. Lié à l’eau, Ngalyod est celui qui fait naître les sources et déclenche la saison humide, assurant la fertilité de la terre. Ses cornes et son museau rappellent le buffle, un animal qui a aussi été créé par Ngalyod.


*Originaire du pays où il vit. Les populations aborigènes d’Australie sont les premières connues à avoir peuplé la partie continentale du pays.

Fiche technique
Artiste : Balang Nakurulk (1952-2024)

Culture : Aborigène d’Australie

Localisation : Australie, Territoire du Nord, Terre d’Arnhem, Maningrida

Datation : 2e moitié du 20e siècle

Matériaux : Pigments (colorants) naturels, écorce d’eucalyptus Dimensions : 176 x 72 cm

Poids : 437 g

N° d’inventaire : 72.1997.6.2

>>> Pupitre d’orateur iatmul

D’où vient cet objet ? Cet objet en bois provient des Iatmul, une population qui vit à proximité du fleuve Sepik, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Océanie. Les villages iatmul sont organisés en clans dont chacun se rattache à un ou plusieurs ancêtres fondateurs.

Regardez les motifs peints sur cet objet. À quoi ressemblent-ils ? Sur le visage du personnage, des motifs peints en blanc forment des volutes rappelant les vagues de l’eau d’un fleuve ou d’une rivière, après le passage d’un crocodile. Dans la culture iatmul, cet animal incarne l’ancêtre fondateur qui a créé le monde. Lors de rituels et de danses, ces motifs sont peints sur le visage des hommes. On retrouve ces motifs qui évoquent l’esprit-ancêtre crocodile au niveau des scarifications* sur les épaules et dans le dos du personnage.

D’après vous, à quoi servait cet objet ? Cet objet est un kawa teget, c’est-à-dire un pupitre d’orateur. Comme un pupitre de chef d’orchestre, celui qui souhaitait s’exprimer lors d’un discours se plaçait derrière et utilisait des bouquets de feuilles pour rythmer ses paroles et appuyer son discours.

*Incision de la peau pratiquée afin de laisser une cicatrice.

Fiche technique
Culture : Iatmul

Localisation : Mélanésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, province Sepik oriental

Datation : Début du 20e siècle

Matériaux : Bois, pigments naturels, fibres, cheveux
Dimensions : 124 x 37 x 40 cm

Poids : 10 kg

N° d’inventaire : 70.2016.57.1

>>> Masque kanak

D’où vient cet objet ? Cet objet provient du nord de la Grande Terre de Nouvelle-Calédonie, en Océanie. Les premiers habitants de ces îles s’appellent les Kanak. Leur vie sociale est rythmée par un ensemble de règles et de rituels, centrés sur l’échange et le respect des anciens et appelés « la coutume ».

De quoi est composé cet objet ? Ce masque sculpté en bois représente un visage avec un impressionnant nez recourbé. Il porte une coiffe et une barbe faites de cheveux humains, reliées au bois par des fibres végétales. Le reste du masque est constitué d’une coiffe en vannerie et d’un manteau fait d’un filet recouvert de plumes. Parmi ces plumes, certaines viennent de coqs, d’autres sans doute d’un gros pigeon qu’on appelle notou en Nouvelle-Calédonie. Tous ces éléments sont de couleur sombre. Chez les Kanak, le noir est la couleur du deuil, celle qui renvoie à la mort.

D’après le choix des matériaux, à quoi pouvait servir cet objet ? Les matériaux qui constituent ce masque renvoient aux rituels funéraires. Chez les Kanak, lorsqu’un chef mourrait, ceux qui avaient veillé son corps – les deuilleurs – ne se coupaient pas les cheveux jusqu’à la fin du deuil (qui durait parfois plusieurs années). Le moment arrivé, ils les coupaient et les fixaient au masque qui apparaissait ensuite lors d’une d’une cérémonie funéraire consacrée au chef.

Fiche technique
Culture : Kanak

Localisation : Mélanésie, Mélanésie, Nouvelle-Calédonie, Grande Terre, Pouebo (commune), Balade

Datation : 19e siècle

Matériaux : Bois de houp, fibres végétales, pigments (colorants), cheveux, coquillages, plumes de notou (gros pigeon)
Dimensions : 175 x 35 x 35 cm

Poids : 3 kg

N° d’inventaire : 71.1880.39.4

>>> Statuette rapanui

D’où vient cet objet ? Cette statuette provient de l’île Rapa Nui (Île de Pâques), en Polynésie, au Sud-Est de l’océan Pacifique. Île de Pâques est le nom qui lui a été donné par les Européens car c’est le 5 avril 1722, jour de Pâques, que des marins hollandais sont arrivés cette île. Les habitants de cette petite île s’appellent les Rapanui.

Observez l’objet. Quel élément physique vous étonne le plus ? Cette statuette en bois représente un personnage nu en position statique : ses bras et ses jambes raides, ses côtes saillantes et ses clavicules anormalement visibles lui donnent un aspect squelettique. Sa tête bien plus grande que le reste de son corps est un élément caractéristique des sculptures de Polynésie.

À votre avis, à quoi servait cet objet ? Cet objet est un moai kavakava. « Moai » signifiant une sculpture humaine ou animale produite sur l’île de Pâques, « kavakava » désigne les côtes et renvoie aux esprits des morts et aux ancêtres. Bien que nous ayons peu d’informations sur leur usage, nous savons que certaines étaient portées autour du cou lors de danses*.

*Les statues moai les plus connues de l’Île de Pâques sont des versions immenses en pierre ! Il en existe environ 600 sur l’île.
Vous pouvez découvrir une statue moai en pierre dans le hall du musée du quai Branly.

Fiche technique
Culture : Rapanui

Localisation : Polynésie, Rapa Nui ou Île de Pâques (Chili)

Datation : Milieu du 19e siècle

Matériaux : Bois, coquillage ou os, obsidienne (roche volcanique)
Dimensions : 29,3 x 7,5 x 4 cm

Poids : 308 g

N° d’inventaire : 72.53.290

À la découverte des Amériques

>>> Sculpture mexica

Les Mexicas ont longtemps été nommés à tort Aztèques, en raison d’un récit mythique les présentant comme des habitants venus d’une région nommée Aztlan. Pourtant, eux-mêmes se désignaient comme Mexicas.

D’où vient cet objet ? Cette sculpture vient du centre du Mexique, en Amérique du Nord. Les Mexicas se sont installés vers les 12e et 13e siècles dans cette région puis ont formé un véritable empire dominant le centre du Mexique au 14e siècle. C’est l’une des dernières grandes civilisations de la Mésoamérique* avant l’arrivée des Espagnols en 1519.

Que représente-t-il ? Vous voyez ici le dieu du vent, Ehécatl, qui sous l’aspect d’un singe, est une des formes de Quetzalcóatl, le serpent à plumes, dieu créateur de la terre et des humains. Car les Mexicas croyaient en une multitude de dieux qui pouvaient se dédoubler et prendre la forme d’autres dieux.

Selon vous, quelle est la fonction de cet objet ? Cette sculpture était certainement placée dans un temple ou un autre lieu sacré, dans lequel on organisait des rituels : prières, chants, offrandes, sacrifices qui permettaient de remercier les dieux de leur aide ou de calmer leur colère.

*Le terme Méso-Amérique fait référence à une zone géographique et culturelle qui s’étend du nord du Mexique à l’Amérique centrale, y compris les pays actuels du Guatémala, du Belize, du Honduras et du Salvador).

Fiche technique
Culture : Mexica

Localisation : Amérique du Nord, Mexique, Bassin de Mexico

Datation : 1350 – 1521

Matériaux : Roche volcanique dense grise
Dimensions : 44 x 25 x 24 cm

Poids : 21 kg

N° d’inventaire : 71.1878.1.89

>>> Statuette rituelle hopi

D’où vient cet objet ? Cette statuette, appelée katsina, a été réalisée par le peuple autochtone hopi. Leur territoire se trouve aujourd’hui circonscrit à l’intérieur d’une « réserve indienne » en Arizona, dans le Sud-Ouest des États-Unis, sur un espace réservé par le gouvernement américain aux populations autochtones qui étaient là avant l’arrivée des Européens.

Que représente cette statuette ? Cette statuette représente un esprit du panthéon religieux des Hopi. Les cinq couleurs qui la décorent sont associées aux quatre points cardinaux et au zénith. Sur son visage, le V inversé et la bouche en forme de tube indiquent qu’il s’agit de Kau’a (ou Qoi’a), un esprit qui apparait à la fête du haricot (Powamuya).

Comment est utilisée cette statuette ? Les Hopi l’offrent aux enfants pour qu’ils se familiarisent avec le monde des esprits et apprennent les mythes les plus importants. Pour les Hopi, le monde fonctionne par paires entre le monde des humains et le monde des esprits : hommes, animaux et plantes possèdent chacun leur équivalent dans le monde des katsinam. Chaque année, ces esprits (les katsinam) viennent vivre parmi eux pendant la période des pluies et de la fertilité.


Fiche technique
Culture : Hopi

Localisation : Amérique du Nord, États-Unis, Arizona

Datation : Début – milieu du 20e siècle

Matériaux : Bois de peuplier américain peint, plumes, coton
Dimensions : 36 x 16,7 x 14 cm

Poids : 215 g

N° d’inventaire : 71.1954-45.4

>>> Couteau yupik

D’où vient cet objet ? Cet objet, issu de la culture Yupik, vient de la côte sud-ouest de l’Alaska. Les Yupiit – au singulier Yupik – étaient semi-nomades. Ils établissaient des camps le long des zones de pêche à partir du printemps et retournaient dans leurs villages pour passer l’hiver. Hommes et femmes habitaient dans des maisons distinctes.

Quel est cet objet ? Cet objet est un couteau. Sa lame, en forme de trapèze, est en fer et son manche, en forme de poignée, est sculpté dans l’ivoire. Ce couteau dit en demi-lune – ulu – est un symbole féminin fort chez les Yupiit. Chaque jeune fille reçoit son propre ulu : elle seule peut s’en servir ! Elle l’utilise tous les jours pour prélever et nettoyer le cuir, couper la viande, tailler les blocs de glace, confectionner bottes et vêtements ou encore couper les cheveux des enfants. Il contient aussi le savoir des ancêtres. Même dans la mort, la femme Yupik est accompagnée de son couteau. Il s’agit parfois d’une copie car l’ulu peut être transmis de mère en fille.

Quel animal est représenté sur ce couteau ? Un phoque est sculpté dans la poignée. Le phoque est un animal essentiel chez les Yupiit, comme dans toutes les cultures arctiques. Lorsqu’il est chassé, toutes les ressources de l’animal sont utilisées : les os pour les harpons, les organes pour faire des vêtements, les tendons pour servir de ficelle…


Fiche technique
Culture : Yupik

Localisation : Amérique du Nord, États-Unis, Alaska, île de Nunivak

Datation : Fin 19e siècle – début 20e siècle

Matériaux : Ivoire (dent) et métal (fer)
Dimensions : 15,3 x 12,5 x 2,9 cm

Poids : 304 g

N° d’inventaire : 71.1949.46.1

>>> Vase de Teotihuacan

D’où vient cet objet ? Ce vase est issu de la civilisation de Teotihuacan, au Mexique, en Amérique du Nord. Teotihuacan était l’une des plus puissantes cités de l’ancien Mexique. Elle a été fondée au 1er siècle avant notre ère et a disparu au 6ème siècle de notre ère, mais les archéologues encore aujourd’hui ont peu d’informations sur sa construction et sur son abandon brutal après l’incendie de son centre.

Les Mexicas la découvrent ainsi abandonnée au 13e siècle, et décident de la dénommer Teotihuacan, « là où naissent les dieux ».

À quoi servait cet objet ? C’est un vase, un récipient dans lequel on pouvait conserver une boisson, de la nourriture, des offrandes ou qu’on pouvait laisser vide. Celui-ci accompagnait peut-être un défunt dans sa tombe, pour le protéger dans l’au-delà. Il contenait sans doute des offrandes pour les dieux.

Quel insecte est représenté sur ce vase ? Le papillon ! Cet insecte est associé au monde céleste, chaud, lumineux, masculin et guerrier. Il est encadré sur les parois de ce vase par un motif géométrique formé d’un losange et de traits horizontaux qui représentent le feu et l’âme des guerriers morts au combat. Entre ces motifs géométriques apparait un autre motif formé d’un arc horizontal surmontant trois motifs verticaux, en forment de crocs. Il s’agit du symbole de Tlaloc, dieu de la pluie. Il a été réalisé avec la technique du champlevé.

Fiche technique
Culture : Civilisation de Teotihuacan

Localisation : Amérique du Nord, Mexique, Teotihuacan

Datation : 350-550

Matériaux : Terre cuite brune décorée en champlevé*
Dimensions : 21,3 x 22,7 x 21,5 cm

Poids : 1,2 kg

N° d’inventaire : 70.2000.5.1.1-2 et 70.2000.5.2.1-2

*Modeler puis cuire une pièce de céramique sans décor, avant d’inciser la surface cuite avec un outil tranchant pour dégager les motifs souhaités. La pièce est ensuite légèrement polie, laissant ressortir le décor sombre et brillant sur le fond grattémat et clair.

>>> Vase nasca

D’où vient ce vase ? Ce vase très ancien vient de la région de Nazca au Pérou, en Amérique du Sud.

À quoi sert cet objet ? Les poteries nasca pouvaient être utilisées dans la maison ou pendant les cérémonies. Ce vase a une forme particulière puisqu’il est fermé ; ce n’est donc pas un objet de la vie quotidienne. Il contenait certainement des offrandes et était enterré avec les morts pour les accompagner dans l’au-delà.

Quel personnage est mis en avant sur ce vase ? Sur la partie haute du vase, on voit un personnage souvent représenté dans l’art nasca. Il s’agit de « l’être mythique », un être divin qui a l’apparence d’un homme. Il exprime des sentiments humains comme la jalousie, la tristesse ou l’amour. Il porte un serpent à épines en guise de cape. Entre chaque épine, on peut observer une tête-trophée, c’est-à-dire la tête de ses ennemis vaincus. Sur la partie basse, on découvre une frise de onze têtes féminines.

Quelle est la particularité de cet objet ? Ce vase est exceptionnel par ses 12 couleurs (sa polychromie) mais également parce que ses teintes et sa brillance ont été parfaitement conservées.

Fiche technique
Culture : Nasca

Localisation : Amérique du Sud, Côte Sud du Pérou, région d’Ica, province de Nazca

Datation : 200 avant notre ère – 600

Matériaux : Terre cuite polychrome (de plusieurs couleurs)
Dimensions : 18,6 x 19 x 19 cm

Poids : 655 g

N° d’inventaire : 71.1930.19.358

>>> Masque tapirapé

D’où vient cet objet ? Les Tapirapé vivent en Amérique du Sud, dans la province du Mato Grosso, au Brésil. Leurs villages sont constitués de maisons longues disposées autour de la maison des hommes. Ce lieu central accueille une organisation appelée la Société des oiseaux. Cette dernière organise la distribution du travail au sein de la tribu – tel que la chasse, la construction des maisons, la vie chamanique et même aujourd’hui la confection d’artisanat destiné à la vente.

Que représente cet objet ? Ce masque en bois représente un visage. On l’appelle cara grande – le grand visage. C’est un exemple de l’art de la plumasserie*: des plumes rouges et jaunes y dessinent un motif en croix et on y voit une coiffe de plumes bleues d’ara (perroquet). Pour les Tapirapé, les animaux ont une âme. Porter des objets en plumes est donc le moyen de s’approprier les qualités des oiseaux, en lien avec les esprits puisqu’ils peuvent voler.

Selon vous, à quoi pouvait-il servir ? Les masques comme celui-ci représentent les ennemis tués au combat. Les âmes de ces guerriers – les Karajá et les Kayapos – deviennent des esprits utiles au succès de la chasse. Chaque année en juin, lors d’une fête nommée Tawa, des couples de danseurs aux masques cara grande font une simulation de combat avec les Tapirapé… Et les Tapirapé sont bien sûr vainqueurs !

*La plumasserie est la pratique qui consiste à utiliser des plumes d’oiseau pour la confection et la décoration d’objets.

Fiche technique
Culture : Tapirapé

Localisation : Amérique du Sud, Brésil, province du Mato Grosso

Datation : Années 1970

Matériaux : Plumes de perroquet (Ara ararauna, Ara chloroptera, Ara macao), piquants de porc-épic (Coendou prehensilis), nacre d’eau douce, bois, coton, fibres végétales
Dimensions : 97 x 79 x 14,5 cm

N° d’inventaire : 70.2008.41.194
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